Toujours dans ma quête de tenues compatibles travail x canicule, après le pantalon Fez en soie, voici la chemisette Moussaillon : sans manches, ample et en coton indien ikat, c’est ma nouvelle meilleure amie.
Bonus, elle a terminé une chouette chute. Un très beau coton ikat, dont il restait des morceaux ni très larges ni très hauts, le genre qu’on garde par principe en se disant qu’un jour, hein…
Bingo, c’est passé crème (à mon grand étonnement d’ailleurs).
| ITEM | BOUTIQUE | QUANTITÉ | PRIX |
| Patron de la chemisette Mousaillon | Festive Road | 1 | 0 € |
| Coton indien ikat | Itokri.com | 75 cm | 10 € |
| Boutons cœurs | Fournisseur pro | 8 | 3,00 € |
| Biais voile noir | La Réserve des Arts | 1 m | 0,20 € |
| Thermocollant | La Réserve des Arts | 0,20 m | 0,10€ |
| Fil | Stock | 0 | 0 € |
| Total | 13,30 € |
Le patron de la chemisette Moussaillon

Biquette de Thread & Neddles (alias le vicomte de Boisjoly sur son blog) crée des patrons gratuits en amateure. Amateure dans le sens : elle n’en a pas fait une activité professionnel. Parce que ses patrons eux, sont très pros.

Le top Moussaillon est une chemisette courte et évasée, à emmanchures américaines, à double boutonnage devant et au dos.
La chemisette Moussaillon tombe impeccablement. Les courbes s’emboîtent, l’aisance est juste. J’ai déjà cousu d’autres de ses patrons, jamais blogués, honte à moi, et c’est chaque fois le même constat : on est au niveau de créatrices professionnelles.

Le patron est disponible du 34 au 46, au format A4 et letter uniquement. Le carnet d’explications est synthétique avec deux pages de schémas dessinés à la main.

Cela dit, le patron de la chemisette Moussaillon n’est vraiment pas compliqué à coudre.
Ce qu’il y a dans le patron

- Gratuit : sous licence Creative Commons BY-SA
- Format : 8 pages A4, et une version US Letter en 8 pages aussi
- Explications : Les explications à la fin du PDF avec tableau de mensurations, tableau des mesures du vêtement fini, les quantités de fournitures, le plan de coupe sur différentes laizes
- Tailles : du 34 à 46, soit 76 à 100 cm de tour de poitrine, base stature 168 cm, bonnet B
- Niveau annoncé : intermédiaire mais je pense qu’une débutante aventurière peut se lancer
- Fournitures : métrage de 0,75 m à 1,05 m selon la taille et la laize, plus 8 boutons et un thermocollant de 50 x 10 cm
Quatre pièces, un col, zéro souffrance
Le patron ne compte que quatre pièces : le dos, le devant, l’empiècement dos et le col. Plus deux biais à tracer pour les emmanchures.
Et le col est fusionné en une seule pièce avec son pied de col.
Je pèse mes mots : c’est le col de chemise le plus simple qui existe. Pas de pied de col à monter séparément et pourtant, il tombe vraiment joliment.

L’assemblage des 8 pages tombe pile, avec des repères faciles à aligner.
Reste que le patron est sans marges de couture, avec une recommandation de 1cm partout, même pour l’ourlet (perso, j’ai mis 2 cm pour l’ourlet).
C’est un peu relou quand on veut coudre le modèle tel quel, mais très pratique dès qu’on prévoit des modifications.
Coudre la chemisette Moussaillon
Taille 42 (et pourquoi pas 40)
J’ai hésité entre le 40 et le 42. J’ai pris le 42, parce que la musculation m’a fait prendre du tour de dessus de poitrine, dos et pectoraux compris. Bientôt, je suis la femme de Musclor.

Aucune modification du patronage. Ni longueur, ni pente d’épaule, rien.
Le coton ikat d’Itokri
Il y a cinq ou six ans, j’ai passé une grosse commande sur Itokri, un site indien de tissus et d’artisanat.
À savoir avant de remplir son panier : les tissus sont très peu chers, mais les frais de port calculés au poids (plus t’ajoute d’articles, plus c’est cher) ont représenté la moitié de la facture.

Si ce coton est aussi agréable par 38 °C, c’est grâce au tissage aéré et très léger de l’ikat*. Rien d’étonnant pour un tissu indien… mais qu’est-ce que l’ikat d’ailleurs ? J’ai appris ça en stage de tissage, et j’aime autant vous dire qu’une fois qu’on a été initié à l’art du tissage et de ses calculs mathématiques préparatoires, l’explication est assez dingo 🤯 !
L’ikat désigne à la fois une technique ancestrale et le tissu qui en résulte. Le principe : on teint les fils avant de tisser et on prépare donc le motif sur le fil AVANT de tisser la chaine et la trame ensemble.

Autant dire qu’il faut bougrement bien préparer son coup pour que les motifs teints sur les fils de chaine et de trame se retrouvent au bon endroit sur le métier au moment du tissage.
C’est d’ailleurs pour cela qu’on reconnaît l’ikat à ses contours flous : effet du léger décalage des fils au tissage. Cela permet aussi d’avoir un tissu totalement double face.
*« nouer » en indonésien
Victoire sur la chute

Ce coupon de coton ikat blanc crème à gros pois noirs avait déjà servi pour les manches de mon top Paddington. Il en restait une chute en L : un bout vertical pas large et un bout horizontal pas haut…
Toi-même tu sais : trop grand pour jeter ou faire des poches dedans, trop petit pour la plupart des projets (surtout sans enfant dans les parages).

Et ben là, tout est rentré ! Il n’en reste plus rien. Grande satisfaction.
Les modifications (3 fois rien)
Ma seule entorse aux instructions : j’ai replié les pattes de boutonnage sur l’endroit au lieu de l’envers. Cela permet de voir la correspondance aussi parfaite que fortuite du motif.
Je précise : je n’y suis pour rien. Aucun effort de raccord à la découpe, j’ai posé mes pièces là où elles rentraient, point. Le raccord est un pur coup de chance.
La déesse de la couture s’est penchée sur mon épaule.

Sinon, faute de place, le dessus de col est coupé dans le biais, puis stabilisé au thermocollant. Et le dessous de col est en deux morceaux, avec une couture au milieu dos.

Personne ne la verra jamais, elle passe sous le col. Olé.
Les finitions
En bonne bretonne élevée en Normandie, j’ai hésité entre finitions au petits oignons et fatigue calorique. On a donc un mix de techniques qui hésitent entre vite-fait et bien fait :
- Emmanchures : biais invisible de voile noir très léger
- Coutures côtés : coutures anglaises
- Pour le reste : coutures simples surjetées au surjet trois fils
- Ourlet : double rentré d’1 cm

- Boutonnières devant : à la machine, sans souci
- Boutonnières dos : quelle boutonnières dos ? J’ai réuni les deux pattes en cousant les boutons à travers les deux épaisseurs.
- Boutons : de minuscules cœurs rouges en plastique dénichés lors de mes recherches de mercerie pour Tissœurs. Sur un motif aussi graphique, je les trouve parfaits.
- Étiquette : À la main, se découd déjà, à refaire. Pour le fun !

Coudre pendant une canicule 🥵
La difficulté de ce projet n’était ni le col, ni les boutonnières. C’était la température de la pièce.
Allumer la centrale vapeur en pleine canicule ? Non. Merci. Au revoir.
Repassage minimum vital, donc : un simple fer à repasser de secours sans vapeur, et un vaporisateur d’eau pour humidifier le tissu. Pouf.
Est-ce que ça chauffe moins la pièce, ou est-ce que je me raconte des histoires pour me sentir maline ? Aucune idée.
Questions fréquentes sur la chemisette Moussaillon
Le patron de la chemisette Moussaillon est-il gratuit ?
Oui, entièrement gratuit, sous licence Creative Commons BY-SA, à télécharger sur le blog de sa créatrice. Le dossier contient le patron en 8 pages A4 et en 8 pages US Letter, plus une pochette et les explications sur 3 pages.
La chemisette Moussaillon convient-elle aux débutantes ?
Le patron annonce un niveau intermédiaire, mais le montage reste très accessible : quatre pièces, et un col de chemise fusionné avec son pied de col. Les deux vrais obstacles sont les boutonnières et le fait de devoir tracer soi-même ses marges de couture.
En bref
Lavé, repassé, porté, relavé : c’est la marque du succès ! J’adore son style, l’imprimé graphique, la coupe, le tissu. Pour un vêtement sorti d’une chute, avec un patron gratuit, pendant une canicule, le ratio est imbattable.

J’ai bien l’intention de recoudre cette chemisette Moussaillon pour une de mes sœurs, dans un tissu Tissœurs qui dort encore dans mon stock.
Et surtout, ça m’a donné envie d’aller fouiller le reste des patrons de Festive Road, il y en a plusieurs qui me font de l’œil.
D’ici là, il me reste quelques cousettes d’été à vous montrer. Si j’ai le temps au milieu de mon déménagement.
Alors, vous cousez comment quand il fait 38 °C ? On se retrouve dans les commentaires ! 🤞
















Presque tous les volets fermés pour garder un soupçon de fraîcheur, seules les loupiotes des machines étaient visibles dans la pénombre! Celui qui a eu cette idée d’y mettre une ampoule est un gars bien!
Bravo encore pour cette réussite totale, et ce courage de coudre pendant une canicule. Le noir et blanc, c’est la couleur (oui, dans mon univers mental le NB est une couleur) qui m’évoque l’été. Le seul point sur lequel je ne suis pas d’accord avec toi : non, Biquette aka Vicomte de Boisjoily n’a pas le niveau d’une professionnelle. Ou plutôt, la plupart des professionnelles n’atteignent pas le niveau de Biquette. Ses autres patrons plus récents ont des couches, permettent de choisir avec/sans marges, et comportent tous les marquages anatomiques qui les rendent accessibles aux « hors normes ». En restant remarquablement précis.